Deux années de suspension loin, très loin, des pelotons cyclistes, auront-elles suffi à apaiser la colère de ses anciens supporters ? Rien n'est sûr car le coup de poignard porté par Alexandre Vinokourov à la planète cycliste en plein Tour de France 2007 a causé des dommages quasi irréversibles. Convaincu de dopage sanguin, l'ancienne idole des foules avait été rejetée comme un malpropre. Banni des pelotons tandis qu'il clamait toujours son innocence, Vino avait fini par annoncer son retrait définitif des compétitions à la fin de l'année 2007. Mais, la pression retombée, le Kazakh est revenu sur sa décision. Il a dû s'acquitter d'une suspension de deux ans, qui touchera à son terme le 23 juillet prochain, date à compter de laquelle Alexandre Vinokourov envisage de reprendre la compétition, comme il l'affirme ce matin dans les colonnes du journal L'Equipe.
"Je n'ai jamais voulu finir ma carrière comme un pestiféré, admet aujourd'hui l'ancien vainqueur du Tour d'Espagne. Je ne veux plus parler de ce qui s'est passé il y a deux ans. Plutôt que de me ruiner comme l'a fait Landis pour prouver vainement mon innocence, j'ai préféré me taire et attendre la fin de ma suspension. Mais aujourd'hui, il est temps d'annoncer mon retour." Et c'est au sein de l'équipe Astana, une formation dont il avait été à l'origine de la formation après un été 2006 tourmenté par l'éclatement de l'affaire Puerto et la dissolution de son ancienne équipe Liberty Seguros, qu'Alexandre Vinokourov envisage évidemment de reprendre du service. Auprès de Lance Armstrong, Alberto Contador, Levi Leipheimer et Andreas Klöden. Ce que n'apprécie guère Johan Bruyneel, qui n'aura vraisemblablement pas trop le choix face aux sponsors kazakhs.
Mais surtout, comment le retour d'Alexandre Vinokourov sera-t-il perçu auprès d'un public qui l'adulait jusqu'à sa cruelle trahison voici deux ans ? Le coureur semble s'en moquer. Son unique souhait est de reprendre le vélo pour une dernière saison en 2010, afin de conclure sa carrière la tête haute. "J'ai déjà 35 ans, rappelle-t-il dans L'Equipe. Ça va être très dur de revenir face à la nouvelle génération. Mon rêve serait de gagner le Championnat du Monde de Mendrisio en septembre et de porter le maillot arc-en-ciel pour ma dernière année de carrière en 2010." Le Tour de France, Vino y pense, mais sans trop de conviction. "Je sais que j'aurai du mal à convaincre les organisateurs du Tour de France de m'accueillir en 2010 mais je vais tout faire pour. Je reste réaliste, je ne pourrai pas gagner le Tour, mais pourquoi pas le Maillot à Pois ?"